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vendredi, 09 mars 2012

Marseille a le Panier percé... !

Marseille : Le Panier, valeur en baisse ?


Publié le mercredi 07 mars 2012 laprovence.com

 

Selon les professionnels de l'immobilier, les prix chutent et l'attrait n'est plus le même. Ce n'est pas l'avis des habitants


 

Elle n'a pas regagné la capitale. Mais elle a fui le Panier. Elle, c'est une famille de Parisiens venue s'installer dans ce quartier qui, dit-on, ferait rêver au-dessus de La Loire. Mais ces Parisiens-là ont déchanté. "Ils ont connu plein de petits tracas quotidiens, raconte un proche, rues bloquées, saleté, bruit, vols, alors ils sont partis en 2006." Adieu le Panier, bonjour Mimet. Cas exceptionnel ? À la Fnaim (Fédération nationale des agents immobiliers), cette mésaventure ne surprendra personne. Lors de son bilan 2011, René Ancellin, responsable de la commission transaction, déclarait que le centre-ville, notamment le Panier et Belsunce, avait "déçu la clientèle de bobos".

Pourquoi ? Lui aussi met en avant les fameux petits tracas. "Du coup, c'est devenu de plus en plus dur à louer. Il a fallu baisser les loyers. Et forcément les investisseurs ont été moins intéressés. Aujourd'hui, on n'achète plus un logement au même prix." À la Fnaim, on parle d'un marché "atone", avec des prix à la baisse donc, qui ressemblent de plus en plus à ce qui se pratique dans l'ensemble de la ville. "Les prix s'harmonisent à Marseille, hormis dans le 3e où ils restent bas. Les bobos préfèrent aujourd'hui les 4e et 5e arrondissements. Fin 2011, on n'a pratiquement pas vendu au Panier." La belle vitrine de Marseille est-elle en train de se fissurer ? Un élu UMP, qui connaît bien le dossier et qui n'a aucun intérêt à noircir le tableau, va dans ce sens.

"Les loyers ont baissé et les investisseurs ont été moins intéressés"

"Ce qu'on dit à la Fnaim est vrai à 80 %. Au départ, les propriétaires ont été aidés financièrement pour faire des travaux et louer. Le problème, c'est que la gestion urbaine, c'est-à-dire tout ce qui touche à la propreté, la circulation, le stationnement n'a pas suivi. Alors, les locataires sont partis. Les propriétaires, après être restés 9 ans en place comme l'imposait la loi, ont vendu et les nouveaux propriétaires ont loué à des prix plus bas . Le scénario a été le même à Belsunce. Tout a bien fonctionné jusqu'à environ 2004. Depuis, ça se dégrade." Mais que vaut concrètement un appartement au Panier ? À la Fnaim, on donne l'exemple d'un T3 de 66 m², en bon état, vendu 97 500 €. Le même, au coeur de la cité Consolat (15e), c'est... 130 000 €.

Faut-il s'affoler ? Dans la population, on a plutôt envie d'en rire (voir par ailleurs). Chez les professionnels de l'immobilier, Agnès assure : "On vend moins qu'il y a 6 ans et on reçoit moins de monde mais ce n'est pas une question de quartier. Toute la ville est touchée. L'origine, c'est la crise de 2008. Puis j'ai l'impression qu'il y a une rétention de produits. Je crois que les gens attendent 2013 pour vendre. Mais le Panier reste attractif et les prix ne baissent pas. Le Panier est un vieux quartier où il existe une vie que l'on ne retrouvera peut-être pasailleurs."

"Je bondis quand j'entends que le panier a perdu son âme"

Autre défenseur du Panier, le président de son CIQ, Jacky Halter : "Je ne vois pas de changement. Oui, la population se transforme. Dans un appartement où il y avait trois familles, on va trouver aujourd'hui un couple avec un labrador. Mais il n'y a pas de fuite. Les occupants, souvent des jeunes retraités en bonne santé, vivent bien. Il y a peut-être des gens qui partent, parce qu'ils croyaient que c'était Montmartre ici, mais c'est une minorité."

Dans l'entourage de Jacky Halter, Minh, artiste d'origine vietnamienne, est peut-être l'habitante qui croit le plus au Panier, elle qui va ouvrir une galerie associative, "La closerie du Panier", où habitants et touristes pourront se plonger, à travers des expos, dans l'histoire du Panier.

Mais le meilleur défenseur du quartier reste peut-être son maire PS, Lisette Narducci : "Il est faux de dire que le Panier va mal. Si on en parle moins, c'est parce qu'on s'intéresse à d'autres choses comme le J4 ou le Vieux-Port, où il y a du changement. Mais ça ne veut pas dire que le Panier intéresse moins. Il est toujours attractif d'autant plus qu'il y a beaucoup de travaux de réaménagement. Les gens du Panier sont fiers d'y vivre. Je bondis quand j'entends que le Panier a perdu son âme."

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