Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 09 février 2012

La machine à enfumer s'emballe !

Sarkozy veut compenser son déficit d'image par une inflation de "valeurs"

LEMONDE.FR | 09.02.12 | 


 
 
 

 

Nicolas Sarkozy à Toulon, jeudi 1er décembre 2011.

Nicolas Sarkozy à Toulon, jeudi 1er décembre 2011.REUTERS/JEAN-PAUL PELISSIER

 

Retour aux fondamentaux. Nicolas Sarkozy, qui devrait annoncer sa candidature en milieu de semaine prochaine, a choisi son positionnement de campagne : à droite toute. Alors que Marine Le Pen rencontre des difficultés pour recueillir les 500 signatures nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle, le président sortant se situe dans une interview au Figaro Magazine sur le terrain des "valeurs".

 

La stratégie présidentielle a été peaufinée, mardi 7 février, lors d'une réunion du comité politique qui réunit François FillonAlain JuppéJean-François CopéJean-Pierre Raffarin et Bruno Le Maire. M. Sarkozy a expliqué qu'il fallait "prendre acte d'une bipolarisation retrouvée", puisque sa candidature et celle de son adversaire socialiste, François Hollande, distancent désormais largement celles de Marine Le Pen et François Bayrou dans les sondages. Il s'agit donc de revenir à un clivage classique entre la droite et la gauche, de rassurer les électeurs de la majorité qui doutent et, éventuellement, de séduire ceux qui pourraient être tentés par un vote lepéniste.

"LES FRANÇAIS VEULENT REPRENDRE LE POUVOIR"

"Travail, responsabilité, autorité", M. Sarkozy ressort donc le triptyque qui a fait son succès en 2007. Au menu, l'immigration, la laïcité et le rapport entre travail et assistanat. Dans les jours et les semaines qui viennent, le presque candidat compte également s'attaquer aux thèmes de l'égalité hommes-femmes et proposer des mesures sur l'éxécution des peines prononcées par la justice. "Rien n'est plus important que de promettre des idées neuves aux Français. Des idées adaptées au monde d'aujourd'hui, non à celui d'hier ", explique Nicolas Sarkozy dans son interview.

"La thématique des valeurs est essentielle pour les gens, assure un responsable de la majorité. On ne gagne pas une élection si l'on n'écoute pas les Français." Le même estime que les initiatives référendaires promises par M. Sarkozy sont de nature à répondre "au problème de la pratique démocratique". "Les Français veulent reprendre le pouvoir d'une façon ou d'une autre", ajoute-t-il. Cette thématique permet également de marcher sur les plates-bandes du Front national, qui a toujours réclamé des référendums.

QUITTER LE TERRAIN ÉCONOMIQUE

Lors de sa rencontre avec les poids lourds de la droite, le chef de l'Etat a également justifié son nouveau positionnement en expliquant qu'il fallait quitter le terrain économique, qui enlise les candidats, déclarés ou non, dans des discours très techniques, d'où aucun ne sort vraiment vainqueur. "Le rapport de la Cour des comptes nous a rendu un grand service, analyse un ministre. Il montre aux Français que le chemin de réduction des dépenses que nous avons pris est le bon. D'un côté, il y a un programme crédible, de l'autre, un programme qui ne l'est pas. Il y a une vraie ligne de fracture, c'est cela qu'il nous faut marteler."

La majorité a corrigé son angle d'attaque contre François Hollande. "Il ne sert à rien de dire : 'il est mou', ce qu'il faut dire c'est : 'son programme est suspendu en l'air, il n'est pas ancré dans la réalité'", explique un proche de M. Sarkozy. "Le président a compris que sa personne fait l'objet d'un rejet dans l'opinion, assure un ministre.Notre but à atteindre, c'est de compenser la relation difficile avec les Français, en faisant passer l'idée que les programmes sont plus importants que les hommes."

Publié dans Blog | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.