28.07.2010
Sortez vos mouchoirs et vos porte-monnaies !
A Marseille, ces Roms que l'on n'accepte pas
Publié le mercredi 28 juillet 2010 La Provence

Eux-mêmes ont coutume de s'appeler les "invisibles". Comme le symbole d'un profond malentendu si l'on écoute les plaintes répétées de quelques élus de secteur et d'une frange de la population marseillaise, qui s'irritent, au contraire, d'une présence jugée "de plus en plus encombrante" des Roms dans la cité phocéenne.
En avril 2009, Martine Vassal, adjointe aux emplacements (UMP), se fendait même d'un courrier catastrophiste au ministre de l'Immigration Éric Besson, décrivant une situation "intolérable". Et de taper fort: "Les Roms investissent les bâtiments vides et les transforment en squats organisés (...) fouillent et éventrent les poubelles afin de collecter les déchets et les vendre (...) mendient dans nos rues, harcèlent les passants." Un discours qui, à l'opposé, aurait tendance à ulcérer le docteur Philippe Rodier, responsable de mission chez Médecins du monde.
"Cette communauté est ouvertement stigmatisée, tonne-t-il. On est en pleine crispation sécuritaire. La réalité, c'est que ces gens vivent dans des conditions déplorables. Savez-vous qu'ils ont une durée de vie de 20 ans inférieure à la nôtre? Depuis 4 ans que se pose le problème, rien n'a avancé. Vous trouvez normal qu'on laisse des gens faire leurs besoins entre deux voitures?" Au milieu, une réalité particulièrement complexe. À Marseille, cette population, venue à 80% de Roumanie et de Bulgarie, se chiffrerait à près de 2000 ressortissants.
Des familles qui survivent dans des dizaines de squats disséminés majoritairement dans les 2e , 3 e et 15 e arrondissements, les plus pauvres. Des hébergements bondés et faisant fi des normes de sécurité, qui sont régulièrement évacués par la police, avant de se reformer ailleurs,parfois à quelques dizaines de mètres. "Chez les Roms, assure un travailleur social, on ne laisse pas les gens de sa communauté tomber. S'il faut s'entasser, on s'entasse." Ce jeu du chat et de la souris n'a qu'un effet: "Aggraver la précarité et la rupture dans le processus d'intégration, dit Philippe Rodier. Par exemple, un enfant obligé d'abandonner un squat va quitter son école. Et c'est tout un travail qui tombe à l'eau. Sans parler du traumatisme vécu par des gamins qui se voient déménagés par la police trois fois par ans."
D'autant plus inutile, admet Michel Bourgat, adjoint au maire chargé de la lutte contre l'exclusion, que cette population historiquement persécutée et encore "traitée moins bien que les chiens"sur ses terres natales, n'est pas disposée à prendre le chemin du retour. "Ici, en trafiquant les métaux et le cuivre, ils gagnent 40 euros jour, avance-t-il, c'est un trésor par rapport à ce qu'ils récoltent en Roumanie." Rencontré dans un squat, Mislav enfonce le clou : "On a déjà survécu à Hitler et à Ceaucescu, qu'est-ce que vous voulez qu'il nous arrivede pire?" Pourquoi ces citoyens européens, autorisés à circuler librement trois mois en France, peinent-ils autant à s'intégrer? Une question de volonté, selon les uns,affirmant que cette communauté sédentaire vise avant tout à engranger du liquide pour se construire une vie future, moins glauque, dans leurs pays. D'autres pointent une législation trop restrictive, qui pousserait les Roms à la débrouille et à l'illégalité.
"Quel autre choix? Une loi de 2007 leur interdit de travailler, hormis dans certains métiers en pénurie, s'étouffe Philippe Rodier. Et encore à condition que les employeurs s'acquittent d'une taxe de 900 euros..." Dans l'immédiat, histoire de gérer l'urgence sanitaire,Michel Bourgat, en accord avec la préfecture, a d'abord tenté de monter un "village d'intégration" au nord de la ville. Avant de faire marche arrière, sous la pression d'habitants refusant"qu'on ajoute de la misère à la misère".
Autre expérience en cours, l'installation programmée de dix familles, triées sur le volet, dans des logements diffus. "Le but, avance l'élu, c'est d'aider des gens que l'on choisit selon des critères stricts. Le message c'est que, dans l'absolu, une ville comme Marseille pourrait régler le problème pour 200 à 300personnes. Pour les autres, on ne peut rien." Et d'avouer,impuissant: "Nous sommes dans une problématique européenne... Ce ne sont pas Jean-Claude Gaudin et le pauvre Bourgat qui vont résoudre ce problème." Lui, en tout cas, refuse de l'attiser.
Ndlr: Pendant que les regards sont invités à se poser sur les 3000 ou 4000 roms , ce sont 300 à 400.000 musulmans qui occupent, déjà, la ville de la Bonne Mère et qui sont en train d'en prendre possession ! Ce crime c'est bien Gaudin, Muselier, Bourgat et toute la clique de l'UMPS qui en sont les responsables !
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