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dimanche, 20 juillet 2014

CONTRAT LOCAL DE PROPRETé : intervention de Stéphane Ravier à l'Assemblée Plénière de la Communauté Urbaine de Marseille-Provence Métropole.

Monsieur Le Président, mes chers collègues,

« La propreté et Marseille »,

Une longue, très longue, trop longue histoire de désamour, une histoire, un feuilleton interminable qui exaspère aujourd’hui les Marseillaises et les Marseillais.

 

D’est en ouest, du sud au nord, mais surtout au nord, la deuxième ville de France souffre d’un mal qui jusqu’à présent était perçu par les pouvoirs publics, notamment ceux situés de l’autre côté du port, comme une fatalité, comme une sorte de spécificité locale, une tradition regrettable certes, mais contre laquelle nul ne pouvait agir, incapable de s’opposer à la force des habitudes qui sont autant de servitudes.

 

 La saleté de nos rues, de nos boulevards de nos sites remarquables jusqu’aux lieux historiques et la prolifération des rats qui en résulte,  donnent de la 2ème ville de France une image déplorable tant aux yeux de ses habitants qu’à ceux des touristes ; rien d’étonnant dans ces conditions que les touristes qui descendent des paquebots pour visiter Marseille, à condition que le paquebot ait pu accoster, n’y restent seulement qu’ 1,8 à 1,9 jour seulement.

 

Certains  Marseillais n’adoptent plus les gestes du quotidien appris au sein des familles et autrefois même à l’école à l’occasion des cours d’éducation civique. A ces cours, on préfère désormais la propagande quotidienne et obligatoire du vivre ensemble, de l’anti racisme à sens unique  et du métissage généralisé.

 

Un laisser aller général que certain ont pu qualifier « d’africanisation » s’est abattu sur la ville.

 

Ajoutons à cela le calamiteux système du « pas fini et déjà parti » et vous obtenez une ville au potentiel extraordinaire gâchée par une saleté endémique.

 

Et puis le cortège des promesses électorales est passé par là trainant derrière lui l’annonce d’une véritable révolution par l’abolition du système honni, mais pas par tous, du fameux « fini-parti » qui veut que les agents puissent troquer le balai de nettoyage par le balai d’affichage aussitôt leur dur labeur terminé, soit trois heures après qu’il est débuté…

 

Après des dizaines d’années de pratique, ce système instauré par la gauche, conforté par la droite, vous l’avez désigné Monsieur le Président comme une des causes essentielles d’une situation aujourd’hui insupportable et vous avez clairement annoncé il y a quelques mois sa disparition au sein d’un plan plus vaste qui voudrait également mobiliser et responsabiliser l’ensemble de nos concitoyens.

 

Et vous avez reçu le soutien de l’écrasante majorité des Marseillaises et des Marseillais y compris des élus du Front National qui voulaient croire à votre volontarisme, qui voulaient croire à votre détermination, persuadés que vous sauriez utiliser le soutien populaire pour vous débarrasser, pour débarrasser Marseille, de l’un des derniers vestiges de la féodalité politico-syndicale.

 

Nous y avons cru, je l’avoue, je dirai même, je le confesse.

 

Mais il est des formules qui ne trompent pas ou qui ne trompent plus :

 

Vous avez déclaré je cite « Il convient de mettre un terme au fini parti TEL QU’IL EST PRATIQUE ACTUELLEMENT »  Tel qu’il est pratiqué actuellement…

 

Autrement dit, le fini-parti est mort, vive le fini-parti !

 

 

Il est relooké, dépoussiéré, modernisé mais il demeure. Loin d’être supprimé, il est simplement encadré, comme il l’était jusqu’à présent.  

 

Vous l’aurez compris Monsieur le Président nous sommes déçus ; à l’image de beaucoup de Marseillais nous nous sentons floués par des promesses qui elles, sont déjà à la benne.

 

Toutefois tout n’est pas à jeter dans votre plan.

 

 

La territorialisation, les moyens humains et matériels que vous souhaitez accorder aux mairies de secteur se rapprochent de ce que nous souhaitons. Nous espérons seulement que ces annonces ne seront pas balayées d’un revers syndical.

 

Nous notons que trois secteurs vont ou devraient bénéficier en priorité de l’application de cette réforme :

 

Les mauvaises langues ou les gens bien informés  remarqueront qu’il s’agit du 1/7 le secteur des touristes ; du  6/8  le secteur du Sénateur Maire et du 9/10, un secteur que vous connaissez bien.

 

Quant aux quartiers nord, une fois de plus ils attendront et pourtant Monsieur le Président, il y a  tant à faire !

 

Votre déléguée à la propreté, pourtant élue de ces quartiers n’a manifestement pas su ou pas voulu vous convaincre de l’urgence à agir dans ces arrondissements où la problématique de la  saleté est telle, que dans le 13è arrondissement par exemple, à la Rose, un site souillé par la présence illégale et prolongée d’individus issus de la communauté Rom , n’a toujours pas été nettoyé 3 mois après le départ des campeurs au motif que le lieu est « trop sale » !

 

Voyez Monsieur le Président à quelle profondeur abyssale nous sommes descendus : certains agents ne souhaitant désormais nettoyer que la saleté propre !

 

En conclusion Monsieur le Président : de votre appel à la révolution lancé il y a quelques mois, il ne reste plus qu’une réforme.

 

Vous n’osez pas, vous n’osez plus renverser la table, vous y avez même pris place pour négocier et le grand bouleversement accouche finalement d’un plan, d’un énième plan dont certaines mesures vont malgré tout dans le bon sens.

 

Plus de proximité, davantage de contrôles, des incitations à changer les mentalités des particuliers comme des professionnels, voilà un début de réforme que nous aurions aimé soutenir  si elle avait été accompagnée d’une véritable rupture avec l’ordre ancien.

 

Mais votre courage médiatique s’arrête à la frontière de la témérité des réalités,  nous ne le condamnerons pas mais nous ne pouvons nous en contenter.

 

C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur le dossier 16 et voterons pour les dossiers 17, 18, 19, 20, 21, 22 et 23.

jeudi, 19 décembre 2013

la gestion ruineuse de gaudin !

Dans son effort analytique et programmatique qui se concrétisera avec la présentation de son programme d'action et de gestion municipale, Stéphane Ravier s'est entouré de personnes qualifiées, travaillant parfois sous anonymat. Nous présentons ici les premiers éléments d'une analyse de la situation financière de la Ville de Marseille. Un document effarant ! A suivre...


- La dette à fin 2012 s'élève à 2 074 euros par habitant contre 1 214 euros pour la moyenne de la strate : elle est donc supérieure de 71% à la moyenne ;


- Les emprunts contractés par la ville de Marseille contiennent une part importante (et donc inquiétante) d'emprunts obligataires : au 31 décembre 2012, le capital restant dû de ses emprunts obligataires représentaient 220 millions d'euros ! Cela signifie que le moindre dérapage financier ne serait pas pardonnée par les agences de notation et aurait donc un effet boule de neige littéralement incontrôlable ;


- Cette dette colossale traduit une fuite en avant qui a continué de s'opérer en 2012, Marseille ayant souscrit 251 euros d'emprunt par habitant contre 124 euros pour la moyenne de la strate, soit plus de deux fois plus que la normale ! ;


- On peut d'ailleurs bien se demander à quoi servent tous ces emprunts car la ville de Marseille a sous-investi en 2102 : 256 euros par habitant contre 340 euros pour la moyenne de strate, soit 25% en dessous de la moyenne.


- Cette préoccupante dégradation financière explique que le ratio de rigidité structurelle, qui mesure les dépenses incompressibles de la commune (charges de personnel + charges d'intérêts + remboursement du capital des emprunts) en pourcentage des produits de fonctionnement, atteigne fin 2012 56% contre 51% pour la moyenne de strate. Ce niveau inquiétant ne manquera pas d'inquiéter la préfecture dont le seuil d'alerte est précisément fixé à 65% pour ce ratio.


En conclusion, Marseille est une ville qui cumule presque toutes les tares financières : surendettement, mauvais choix en matière d'investissements et possible mise sous tutelle des agences de notation.


note X n°1, analyste financier et professeur de finances publiques

la sncm doit survivre !

Stéphane Ravier accueillera dans son blog les notes, articles et argumentaires de personnes qualifiées pour traiter de certaines questions. Nous inaugurons aujourd'hui cette rubrique par un article d'un cadre de la SNCM, entreprise menacée par la dictature supranationale et ultralibérale européenne érigée par la classe politique l'UMPS.


Au titre d'une concurrence utopique qui se voudrait libre et loyale, la SNCM, compagnie maritime employant selon les flux saisonniers de 2000 à 2800 salariés, est condamnée par la commission européenne des technocrates de Bruxelles à rembourser la somme considérable de 440 millions d'euros d'aides publiques, ces dernières étant jugées illégalement perçues par la compagnie maritime, dans le cadre de sa dernière délégation de service public.


La SNCM est pourtant une compagnie viable, malgré un déficit budgétaire actuel faible de 13 Millions d'euros comparé à son chiffre d'affaires de 300 Millions d'euros, et qui peut être résorbé par une stratégie commerciale dynamique.

Cependant une grave menace de dépôt de bilan plane sur elle à cause de la condamnation technocratique bruxelloise à payer cette amende considérable. Celle-ci entraînerait la liquidation pure et simple  de l'entreprise ou, au mieux, la conservation de 4 navires sur 8 et la perte de près de 1500 emplois.

A l'origine entreprise d'Etat jusqu'en 2006, la SNCM est dotée  aujourd'hui d'un capital détenu en majorité à 66 % par Transdev, filiale de Véolia, puis par l'Etat (25%) et par les salariés (9%).


Subissant comme toutes les entreprises françaises le système ultra libéral de concurrence déloyale de la mondialisation, la SNCM et la CMN, qui emploient des officiers et équipages sous le statut du pavillon français, doivent déjà faire face à une concurrence intra-européenne féroce de la part de la compagnie italienne low cost Corsica Ferries, ainsi que d'autres compagnies étrangères comme Moby Lines, et bientôt LD Lines employant des équipages originaires d'Europe de l'Est ou d'Asie du Sud-Est.

Toutes souhaitent s'emparer, à l'instar de Corsica Ferries du marché présent sur l'ensemble de la façade littorale française de Méditerranée, au départ des ports de Marseille, Nice et Toulon.

Ecrasée par un Etat entièrement soumis aux exigences européennes, la direction de l'entreprise sous la pression des actionnaires privés, prépare déjà un nouveau "pacte social" qui est en réalité un nouveau plan d'austérité pour les salariés, en attendant les licenciements définitifs, si l'entreprise se voit liquidée de force. On comprend que Véolia, avec cette nouvelle dette de 440 millions d'euros infligée arbitrairement par l'Europe, cherche à fuir l'entreprise qui risque de se retrouver sans
repreneur.


Pour sauver la SNCM et ses 2000 emplois, il est nécessaire que le gouvernement français retrouve au plus vite la plénitude de ses prérogatives, c'est-à-dire qu'il se libère de la tutelle mortifère de Bruxelles, comme le préconise le Front National.

                                                                                                                 

  Un cadre de la SNCM